Construire une véranda

Conseils d'archi : une véranda confortable et énergie-friendly, c'est possible !

Pour que véranda ne rime pas avec froid en hiver et fournaise en été, voici quelques conseils d’archi qu’il vaut mieux avoir en tête avant de se lancer ! Rencontre avec Florence Gaudin, de Rencontreunarchi.com.

Commençons par définir exactement ce qu’est une véranda. Est-ce la même chose qu’une extension ?

Non, une véranda a obligatoirement un toit en verre, c’est son essence même ! À l’inverse, une extension de maison a un toit en dur. Pour la toiture de la véranda, le verre utilisé est un verre STADIP : on peut marcher dessus et il doit pouvoir résister au choc de la chute d’un sac mou de 50 kg, lâché de 2,40 m de haut. C’est une garantie tant pour les personnes ̶ en cas de chute ou de tentatives d’effraction ̶ que pour se protéger des intempéries.

Quels vitrages conseillez-vous pour une bonne isolation thermique de la véranda ?

Les parois d’une véranda sont obligatoirement en double-vitrage, ce qui, à la base, constitue déjà un assez bon isolant. Ce qui va entraîner des déperditions thermiques, et donc des dépenses d’énergie, c’est la structure de la véranda, sa charpente en quelque sorte. Plus vous multipliez le nombre de fenêtres, plus vous multipliez les « ponts thermiques », ces sortes de couloirs du froid qui se trouvent à chaque jonction entre le verre et la structure de la véranda. En conclusion, pour perdre le moins de chaleur possible et avoir une isolation thermique satisfaisante, il vaut mieux opter pour des grandes surfaces vitrées plutôt qu’une véranda « type atelier ».

Et question menuiserie ? Véranda aluminium, bois… ?

Une véranda en bois est complexe : il faudrait constituer une charpente en bois sur le toit et la couvrir de vitrage, car les châssis ̶ un peu comme le squelette de votre véranda ̶ ne pourraient pas supporter à eux seuls le poids des vitres. Plutôt que du bois, on préférera donc des châssis en aluminium. La très bonne nouvelle, c’est que depuis 2013, la Réglementation Thermique (RT 2012)(1) impose aux constructions neuves un cahier des charges assez strict en matière de consommation d’énergie. Ce qui est valable pour les maisons en dur l’est aussi pour la véranda. Du coup, les avancées technologiques sur les matériaux de construction ont aussi inspiré les fabricants de véranda. Ils proposent désormais des châssis avec une très grande étanchéité thermique. Vous pouvez donc, sans crainte, faire construire une véranda qui ne sera pas énergivore. Une bonne nouvelle car ce n’était pas vraiment le cas il y a encore 20 ans !

Quelle est l’orientation recommandée pour profiter au maximum de la lumière du soleil et d’une bonne circulation de l’air ?

Tout dépend de là où vous vivez ! En région parisienne, vous aurez rarement la latitude de choisir véritablement où installer votre véranda. Elle sera là où vous pouvez la poser. Evidemment, l’orientation au sud est toujours agréable. En revanche, si vous vivez dans le sud de la France, cette exposition est à fuir car le trop grand ensoleillement va chauffer la véranda et la rendre inconfortable.

Faut-il prévoir une protection solaire particulière ?

Oui je le recommande fortement. Mais vous pouvez vous en dispenser si la véranda se trouve à l’ombre de votre propriété. Pensez sinon à l’option store, ou encore mieux, au volet roulant en toiture qui est indispensable pour conserver la chaleur dans la véranda ou au contraire la rafraîchir au besoin.

Pour que véranda ne rime pas avec froid en hiver et fournaise en été, voici quelques conseils d'archi.

Doit-on prévoir un système de chauffage et de ventilation dans une véranda ? Et si oui, lesquels ?

Oui, c’est même absolument nécessaire. Il faut envisager la véranda comme n’importe quelle autre pièce de la maison et l’équiper d’une ventilation type VMC et d’un système de chauffage. Là, tout est possible : radiateur électrique à inertie, pompe à chaleur, chauffage à gaz, ou même plancher chauffant. En plus de votre système de chauffage, le rayonnement du soleil sur les vitrages pourra chauffer les pièces attenantes pour devenir une sorte de « chauffage » supplémentaire. C’est d’ailleurs souvent l’une des options utilisées dans le cas de la construction de maison écologique.

Avez-vous d’autres petits secrets pour optimiser les consommations énergétiques d’une véranda ?

Des secrets, je ne sais pas mais du bon sens, oui ! Il est évident que comme pour n’importe quelle autre pièce, l’installation de stores ou de volets roulants entraîne des économies d’énergie. Vous pouvez ainsi maintenir la chaleur à l’intérieur où la repousser. L’installation de domotique est toujours un véritable plus : elle vous permet par exemple de fermer tous vos volets en appuyant sur un seul bouton. Et pour l’éclairage, comme dans tout le reste de la maison, les ampoules LED doivent désormais être privilégiées.

Pour ou contre la véranda à toit plat ?

Tout dépend de votre vision de la véranda. Une véranda plus traditionnelle aura un toit plus pentu alors qu’une véranda moderne optera pour un toit plat. Sachez néanmoins qu’il n’a de plat que le nom, car le toit totalement horizontal n’existe pas. Pour une question d’écoulement des eaux et par respect du DTU(2), il y a nécessairement une pente d’au moins 5 degrés. En tout cas, l’inclinaison du toit n’a aucun impact en termes d’isolation ou d’étanchéité.

Si on rêve d’installer une cuisine ou une salle de bains dans notre véranda, c’est possible ?

Bien sûr ! Encore une fois, c’est la ventilation qui va faire toute la différence. Si vous faites de votre véranda une “pièce humide”, il va falloir anticiper le problème de la buée. Avec une VMC efficace, il n’y a aucune contre-indication d’usage de votre véranda. Il faut juste anticiper au moment de la construction pour le raccordement à l’eau et les évacuations, qui se trouveront sous le sol de la véranda.

Faut-il demander un permis de construire à la mairie pour une véranda ? Ou est-ce qu’une déclaration de travaux suffit ?

Oui, c’est exactement comme pour une construction en “dur”. En dessous de 20 m2 de surface de plancher(3), une déclaration de travaux auprès de votre mairie suffira. Entre 20 et 40 m2 de surface de plancher de véranda, deux alternatives. Si le total de la surface de plancher de votre maison ajoutée à celle de la véranda n’excède pas 150 m2, vous êtes encore sous le coup de la déclaration de travaux. Au-delà, vous devez déposer une demande de permis de construire auprès de votre mairie.

Un dernier conseil à adresser à nos lecteurs qui souhaitent se lancer dans la construction d’une véranda ?

Comme pour n’importe quelle construction, n’hésitez pas à confier votre projet à des professionnels pour éviter mauvaises surprises et désagréments. Architectes et maîtres d’œuvre ont l’habitude de conduire ce genre de travaux, qui restent tout de même assez lourds en termes de réalisation. De même, pour la véranda, vérifiez que l’entreprise qui va la construire est labellisée RGE(4), référentiel de qualité obligatoire pour pouvoir prétendre à des crédits d’impôts et certifiante quant aux respects des normes environnementales. Ainsi, vous serez sûrs d’être entre de bonnes mains !

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Petit lexique…

(1) RT 2012 : la Réglementation Thermique 2012 a pour principal objectif de réduire les consommations énergétiques des bâtiments neufs ou maisons bbc (maisons basse consommation) qu’ils soient destinés à l’habitation ou à tout autre usage (bureaux, tertiaire, etc.).

(2) DTU : Document Technique Unifié. Ce document est la synthèse des règles de l’art concernant les ouvrages. Un DTU n’est pas obligatoire. En revanche, le non-respect du DTU pourrait entraîner l’exclusion des garanties offertes par votre contrat d’assurance.

(3) Surface de plancher : c’est la surface totale de la construction, murs compris. Ce n’est donc pas la surface habitable.

(4) RGE : le label RGE (« Reconnu Garant de l'Environnement ») est un signe de qualité délivré à une entreprise qui remplit certains critères lors de la réalisation de travaux d'économie d'énergie dans les logements (isolation des murs ou de la toiture, installation d'un équipement utilisant une énergie renouvelable, etc.). Il s'agit d'un dispositif reconnu par l'Etat : pour le particulier, le recours à une entreprise RGE pour faire des travaux ouvre droit à l'attribution de certaines aides publiques.
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